Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 15:01

Il est des sujets qui emportent d'emblée l'adhésion du public, notamment ceux qui mettent en avant les bons sentiments. En allant voir le dernier film de François Cluzet (acteur pour lequel j'ai beaucoup d'admiration), je m'attendais donc à une déception teintée d'agacement, imaginant un film guimauve aux accents abbé Pierre. Mais comme ce cher Cluzet joue rarement dans des navets, j'ai décidé de dépasser mon à-priori négatif et mon snobisme (6,5 millions d'entrées me laissaient présager le pire). Grand bien m'en a pris !

Intouchables_Omar_Francois.jpg

 

Les deux protagonistes font partie de ces personnages qui ont actuellement, dans l'imaginaire collectif, une certaine aura de sympathie. Un tétraplégique ne peut provoquer que compassion, et un jeune des banlieues qui se rachète une conduite honorable ne suscite que l'engouement, en ces temps de stigmatisation... Pourtant, la force du film réside dans le fait que ni Philippe l'handicapé, ni Driss le délinquant, ne tombent dans les clichés habituels. Driss n'est pas un ignare même s'il pense que Berlioz est avant tout un quartier ; Philippe refuse de s'apitoyer sur son sort et fait preuve d'auto-dérision, capable d'accepter sans broncher la fameuse blague "pas de bras, pas de chocolat". Du coup le duo semble évident, n'a rien de surfait ou d'artificiel, et les "vannes" qu'ils se lancent tous deux tout au long du film permettent de rire, non pas jaune, mais vraiment de bon coeur.

 

Outre l'aspect réellement humoristique de l'oeuvre (je n'avais pas tant ri au cinéma depuis bien longtemps), l'accent est mis sur l'amitié qui se développe entre ces deux hommes que tout sépare, aussi bien matériellement que culturellement. Même si Driss est impressionné par la richesse de Philippe, il n'en conçoit aucune rancoeur, aucune jalousie, et à aucun moment ce dernier ne se sert de sa "supériorité" matérielle et culturelle pour dévaloriser son assistant. Il existe d'emblée un vrai respect entre ces deux hommes, qui, chacun à leur manière, poussent l'autre vers le meilleur de lui-même. C'est à mon sens la vraie réussite du film que de montrer cela. Ils se comprennent sans avoir besoin de parler, et se livrent leurs secrets les plus douloureux sans pudeur mal placée. L'humanité la plus authentique, dans sa générosité et son besoin de plaisirs partagés, éclabousse l'écran du début à la fin.

intouchable.png

 

Un petit bémol tout de même (il en faut toujours un !) concernant le personnage de la fille de Philippe, qui n'apporte rien au film, si ce n'est des digressions sur l'adolescence qui me semblent hors sujet.

 

Au final et par rapport au titre, on admet que ceux qui sont mis à l'écart de la société parce qu'ils n'entrent pas dans le moule ne sont pas forcément les plus à plaindre...

 

 

Par Adelaïde Dean - Publié dans : télé, ciné, images - Communauté : Regard sur le monde en général
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Pages

Présentation

Derniers Commentaires

Partager

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés